De retour dans la Voûte.
Un abri anti-atomique.
Oui je le confesse. Certains y verront une référence à un objet vidéo-ludique fascinant (pour certains) ou graissé d'acné provenant d'une surcharge pondérale non souhaité (pour la majorité écrasante des autres).
Quand il faut sortir de chez soi, acheter de la baguette ou braver les viles paprassières aigries du Pôle Emploi, il faut bien sortir de la Voûte.
A l'intérieur, il y a de la moquette, on peut s'y mettre pied nu. C'est excellent pour le moral.
Il y a du Linoleum dans la cuisine pour effacer rapidement les taches de sauces. Il y en a aussi dans l'air.
Un frigo, une salle de bain propre, avec un monument de faïence dédié à Jean Monet, mon ami depuis 3 ans.
Mais voici donc le paragraphe tant attendu qui créé une tension dramatique conflictuelle : il n'y a plus de pain.
Il faut sortir en acheter car sinon, la collectivité de la Voûte ne pourra jouir des radis fraîchement importés de l'extérieur qui étaient prévus pour le dîner du soir.
Alors, nous faisons sonner l'ouverture de la porte, éloignons les enfants et les âmes sensibles de l'entrée car dehors, les gens sont irradiés et fous.
La dernière chose que nous voudrions, c'est que l'un d'eux s'infiltre chez nous et sème l'étron à tout va.
Sur le chemin, les gens sont encore vivants bien entendu.
Ils me regardent en ne comprenant pas de quoi nous avons peur pour nous enfermer ainsi dans une voûte.
La réponse est simple !
Nous avons peur d'eux.
Et nous n'avons pas peur de le dire.
Nous commerçons allègrement avec certains d'entre eux bien sûr.
Après de nombreuses années de contacts distants, certains viennent même nous rendre visite, dans la Voûte. Sans causer du trouble.
Un soir de sortie dans un bistrot pour jeunes alcooliques décérébrés à grands coups de loches du porte manteau blond de La Roue de la Fortune, j'ai eu une joute verbale avec un chômeur attardé, qui s'obstinait à me contraindre de rentrer dans son rang et participer ainsi à sa vision de l'élite : Barbecue - Bière - Jogging - Voiture à Francis ka 1 L-ron - Techno compil 5.
L'alcool s'alourdissant dans son sang à l'instar du corps d'un obèse lors d'une visite dépressive chez un de ses sponsors américain burgeritif, il enfonçait à chaque minute son doigt plus profondément dans le muscle qui anime joyeusement mon épaule.
Ecrasé par le poids de la bêtise, j'ai dû me résigner à le repousser violemment et à lancer vivement, de ma voix forte et incongrue par endroits : "Nous nous enfermons dans une voûte pour ne pas être irradié par votre connerie et votre conformisme. Pour ne pas être assimilé à vos corps vidés de toute intelligence et remplie d'une pâte qu'on pourrait appeler de la merde parfum banane."
Il était évident que les mots de plus de 3 syllabes ne passaient pas vraiment correctement dans le creux de ses nombreuses oreilles jaunies par la pénurie de cotons tige Eco+ dans les rayons de leur super marché habituel.
J'en ai eu la preuve quand les yeux et les bouches de ces crétins avinés de bières (ou abièrés de vin) sont restés grands ouverts, telles les cuisses d'une parisienne de 20 ans en manque cruel d'affection parentale, qui embrasse des filles en trouvant ça drôle pour attirer l'attention sur elle dans toute la boîte de nuit remplie de bellâtres fabriqués en série avec l'esprit dans la culotte et la culotte salie par de diverses choses dont la morale française m'empêche de parler ici mais vu que nous sommes en France et qu'on (qui est toujours un con même en cette fin d'hiver) risque de crever d'un cancer si on dit pas ce qu'il pense, je dirai que le fond de ce sous vêtement est sali par une détresse diarrhéique engendrée par une forte consommation de Kebab Steak-Sauce au Poivre.
J'ai dû faire simple.
"Vous Idiots. Moi pas vouloir faire Vroum-Groumpf avec vous".
Je n'ai pas été plus loin car il ne faut jamais pousser le vice, surtout dans les escaliers en colimaçon.
Par cette superbe réplique écrite par mon imagination enrayée et malsaine, j'ai pu découvrir que la réponse de l'animal au dialogue, est le jet de canettes vides, les insultes raciales et les râles champêtres de fond de gorges grasses.
Aussi je m'empressai de me casser intimement, vers ma chère et tendre voûte, avant de me faire taper.
Dans la nuit noire, aussi noire qu'une sensation bizarre, je courais vers mon Havre, désespéré de voir que les Hommes restent et resteront à jamais, irradiés.
De retour, j'ai chéri mon Linoleum, ma moquette, ma faïence (de loin) et le reste.
J'ai très peu dormi cette nuit là.
Je les sentais proches.
Les gens irradiés.
A chercher l'entrée de la voûte, pour la profaner de leurs doigts sales et de leur négligence maladive.
Du coup suite à cet épisode fâcheux, je redoute mes sorties.
Ils sont dangereux ces cons.
