mardi, février 24, 2009

Un Bon Retour Malsain !

Je suis né avec un nez dans la bouche
Je bavais partout et repeignais ma couche
Dès mon jeune âge je poussais des râles.
A cause du bruit qui gênait maman de boire son vin, On m'enferma dans la cave du scotch sur les lèvres.

Dès que j'ai pu le retirer
J'ai poussé un énième râle pour demander alimentation.
Quel délice ces épluchures de légumes et ces emballages cartonnés !
Ces abats de porc et ces ongles découpés !

M'inspirant des boîtes de céréales "ChocoCripies" jetées sur mon visage,
Je jouais au cosmonaute pour passer le temps.
Les rats étaient mes compagnons de jeu.
Pour remercier ces derniers, je leur donnais mes doigts à grignoter.
C'est à ce moment là que j'ai appris la gratitude.

Peu après j'ai appris à marcher et j'ai tout ravagé dans la cave.
Pendant que les enfants bien faits, dans l'amour de la religion et de la gaité sauvage de l'argent, coloriaient et dessinaient des lignes de cœur sur du papier avec des crayons de couleur,
Je traçais des traits rouges sur mes bras avec du vers brisé.

Les moments en famille, je m'en souviens.
Mon père me jetait des frites de chez Mc Do.
Après les avoir mangées, avec le cornet je me faisais un chapeau.
Quel joie de sentir la friture et de caresser cet emballage,
Sentir les familles réunies autour d'un table un samedi après midi,
Le sourire aux lèvres, la joie dans les mains...

Tous réunis, blonds, beaux...

Alors que moi je suis dans la cave avec ma collec de cafard crevés.
Et quand il y en a un que j'ai en double, je le mange !
Ca croustille, c'est bon et ça fait les dents !
Quand mes dents s'enfonce dans cette chair,
Il n'y a pas de couinement, ni de griffures.
Pas comme les rats que j'ai commencé à manger,
Parce qu'ils étaient fatigués de jouer au cosmonaute !

Mes ongles sont tombés à cause de la crasse qu'ils grattaient.

Papa et maman ne font plus attention à moi.
De toutes façons, plus je me tape la tête sur les murs, plus ma mère boit pour oublier son fils aléatoirement formé, généré par des ovaires laxistes imbibés d'alcool.

A l'âge où j'ai pu avoir des poils, j'ai eu assez de forces pour ouvrir la trappe de la cave.

Ma sortie fut accompagnée par l'odeur de corps sans vie au stade de décomposition.
Ma mère noyée dans son rendu intestinal semblait somnoler.
Et mon père avait essayé d'expulser ses idées noires en plaçant son fusil dans sa mâchoire.

La porte d'entrée était ouverte.
Le froid avait gelé le carrelage.
Il faisait sombre, je goûtais au crépuscule.

Papa, Maman,
Je quitte le nid pour perpétuer votre œuvre.

Je pars fonder une famille.