Actorman : The Movie Génésique.
C'était un après midi ensoleillé en ce mardi 15.
Le jeune stanislas, en proie à une crise existentielle de son devenir, découvrit qu'il avait un certain potentiel pour le doublage de voix.
Conseillé par un tapettesque idiot à polo-fermée-jusqu'au-dernier-bouton-ou-tous-les-boutons-ouverts-qu'on
-puisse-y-voir-les-poils, il se dirigea vers le chemin du comédianisme, de la diahréique dramaturgie voire de la représentation sous regard d'une foule consciente de crétinisme.
Cherchant un lieu de formation sous la pluie, il découvrit cette première école de théâtre.
Chaleureux envers l'argent que le pauvre Stanislas allait ramener auprès d'eux, les secrétaires et autres intervenants manipulaient le directeur qui selon eux "a fait son temps place aux jeunes aller hop hop hop, pied dans le cul du vieux dans les escaliers de la cave, mais pas tout de suite sinon je pourrais pas payer mon studio parisien".
Appréciant le directeur, sosie direct de Bilbo le Hobbit, Stanislas signa.
La dame derrière son bureau, qui croulait sous les larges tas de papiers inutiles et sous l'envie de se barrer en vacances, reçu le contrat d'engagement signé.
Elle dit alors à Stanislas :
"Tu dois t'en tenir à trois règles :
1- Ne manque pas au dessus de 3 cours, sinon tu seras viré
2- Ne manque pas les représentations des "Grands" sinon on (qui reste un con) te jugera alors qu'on(toujours con) aura jamais fait connaissance avec toi.
3- Sors de mon bureau".
Prêt à manger du théatre, Stanislas commençait son premier cours.
Puis le deuxième...
Lorsqu'un jour, débutaient les cours de Technique Meisner.
La professeur, que j'appellerai James pour des questions d'éthiques, inculqua donc la dite technique.
"Elle à pour but de "voir" dans vos partenaires, dit-elle d'un ton sobre et solennel, percevoir ce qu'ils ressentent. Nos exercices casseront votre coquille émotionnelle (barrière qui protège tout ce que l'on ressent; pour plus de détails passez moi un coup de fil - ndlr) et vous rendront plus sensibles mais aussi plus forts (mais pour être plus fort fallait continuer pendant 3 ans et ça, y'a personne pour le dire - Ndlr) et plus attentifs (quelle belle conasse quand même - ndlr)".
Devant une telle mise en scène, difficile de ne pas penser pour le jeune Stanislas de ne pas voir ce cours comme la transmission d'un pouvoir incroyable. Sentir ce que ressentent les gens, être au plus proche de leur sentiments.
Jubilation profonde.
Au bout du 3eme cours, le jeune Stanislas fut frappé par l'exercice.
Des larmes qui se trouvaient là par hasard, parcouraient ses joues.
Il venait d'être touché.
Touché par Meisner.
La coquille émotionnelle brisée.
Des morceaux partout.
Des lumières dans les yeux.
La bousculade.
La chute des colonnes qui apportaient des convictions et des repères.
En se relevant après ce choc assourdissant dans les intestins, il regarda à nouveau le monde.
Ils sentaient tous la peur.
Ils sentaient l'hypocrisie.
Ils sentaient pas très bons dedans leurs émotions.
Après cette journée étrange, Stanislas rentra chez lui.
Redécouvrant le monde avec ses nouveaux yeux.
Au fil des jours et des cours, il assimila ce pouvoir.
Mais peu à peu, son âme partit en lambeau.
A la fin de cette première année, il fut touché de plein fouet d'une histoire de coeur dont il aurait bien voulu se passer.
Cette douleur, provoquée par une radasse dont nous ne citerons pas le nom par pure question de protocole franco-iranien, fut amplifiée, conséquence de la sensibilité accrue.
Associée à celle-ci, des démons du passé resurgirent pour malaxer et pétrir le cerveau du pauvre Stanislas.
La fin des vacances sonnait.
La reprise d'une deuxième année dans une autre école fut effectuée.
Le jeune Stanislas fut expédié au sud d'une ville rageante et étronge.
En cours de route, les cours de Meisner furent intensifiés, les pratiques du théâtre se chargèrent en évènements.
Jusqu'à ce jour funeste du 25 mai (ou 15 juin je ne sais plus trop - ndrleroeja).
En plein exercice de cette même technique, le jeune fut mitraillé en plein vol par un professeur, chauve qui plus est.
En ouvrant son Etre, dévoilant son intérieur, ce dans quoi il excellait, ce dans quoi il trouvait la joie, le capiloris-negatio intervint à la fin de cette explosion et imposa ces paroles :
"Nul. Trop facile".
Touché.
Pan !
De l'eau salée sortant de ses yeux, il quitta de rage, ce cours effroyable en son milieu et hurla malédiction sur cette famille intolérable que sont les comédiens.
Hautains, effroyables, lunatiques et faux.
A ce jour, il faisait des comédiens, une espèce à anéantir.
En exil dans une ville à l'hypocrisie à croissance exponentielle, il transmis les adages du théatre sans pour autant en être fier, ces cours étant prétexte à se défouler sur son temps de travail.
La nuit, lors d'évènements bruyants et peuplés, il utilisa son pouvoir pour tromper les foules profanes et équipées d'aprioris dernier cri.
Volant, fuyant et changeant, il se terre quelque part, traquant les comédiens pour en faire des oies sauvages, prêtes à être gavées par des fermiers saouls.
Sa vengeance sera terrible.
La notre sera moindre.
ActorMan rôde.
