mardi, novembre 27, 2007

INFESTÉ !

Quand tu sors propre de chez toi,
Que cette idée de propreté te colle à la peau,
Comme les odorants agents chimiques PEG-6, ainsi que le Zinc- Sulfate de ton Gel Douche,
Ou l'aluminium et les innombrables extraits de synthèse synthétisés à leur tour pour donner un spray étronge (pour une définition de ce mot récurrent dans mes propos, me contacter),
Tu te vois comme un paquebot, qui brise les iceberg du dehors,
Comme un titanic qui aurai bien plus qu'une triple épaisseur d'acier et qui pète la glace vers le pôle...

Tu sors de chez toi et tu te dis que dans ta tête, tu es comme une table toute propre avant l'atterissage de 3 Kg de farine qu'on aurai mis dans des sacs percés, avec de l'oeuf qui dégouline sur le saladier.

Tout va bien.

Mais le dehors est dangereux.
Il y a plein de choses qui tachent.
Que ce soit la boue parce qu'il pleut,
Ou les bassesses que se permettent les gens de mauvaise fois bien trop nombreux sur ce caillou qu'on appelle la Terre,
Tu deviens de plus en plus sale au fur et à mesure.
La page blanche de ta journée est remplie peu à peu de taches d'encre qui salopent ton travail.
Le chauffeur de bus qui n'accepte pas les billets de 10euros,
Qui ne te le dit pas, mais qui te le fait savoir par un hochement de tête couillon et un soupir où se cache un "Pffff mais ptain merde que chier client dmes deux" :
Une grosse tâche sur la page de droite.
La radasse de cette étronisante administration qui te dit que le formulaire n'est pas rempli au stylo bic NOIR et que ça dépasse de la case et qui profite de l'occasion pour te rappeler que la maternelle c'est loin dans le temps, mais pas loin de chez toi :
Une tache vicelarde qui tache même les 2 pages suivantes.

Peu à peu tu te salis.
Les mailles de ton T-shirt où sont inscrit les lettres d'un nom de groupe que tu affectionne (si tu en porte un) s'usent,
Le sweat que tu porte s'imprègne de l'odeur de cigarette de tes proches, que tu les connaisses vaguement ou non,
Ton pantalon frotte sur le sol du coup des graviers se mettent dans l'ourlet.

Ton livre de la journée se tache de plus en plus.
Il fait gris,
Ca pue,
Le beauf aléatoire que tu te tape en guise de voisin-d'en-face-du-bus te regarde l'air de dire "Pourquoi il est pas comme moi lui ? Si tout le monde était comme moi et bien le monde tournerai mieux !"
Et non du con.
Le monde tournerai pas mieux.
Si tout le monde était comme toi, il y aurai une majorité de consanguins, dûe à des reproductions de type sexuée dans ta propre famille, hé connard !
En plus de ça, nous serions gouvernés par la bière et le foot, on mangerai du cassoulet William Saurin, voire éco-plus, parce qu'on aurai perdu toute volonté de faire à bouffer, on baiserai bobonne parce qu'il le faut, on a payé le mariage merde faut pas déconner. Il faut CONSOMMER le mariage. On aurai les doigts gras parce qu'on boufferai des cacahuètes directement dans le sachet, la peau malsaine parce que toute attention porté sur notre corps "Ca f'frai PéDé !".

Et là.
Tu te dis Outch.
Tu es déjà chez toi et tu déteste tout le monde.


Tu es sali.

Le monde t'a touché de sa grâce.

Tu es infesté.


Bienvenue.